INNER LANDSCAPE
Inner Landscape naît dʼun point de tension entre le monde et lʼœil.
Le verre sʼy glisse comme une présence silencieuse, capable de troubler la lumière, les lignes et la lecture du paysage.
Vitres, fragments, surfaces brisées ou « flaques de verre » deviennent des filtres physiques qui modifient le paysage, non par intervention numérique, mais par les propriétés mêmes de la matière : transparence, reflets, distorsions, accidents.
À travers ces surfaces, le réel se dédouble. Il se fragmente, se déplace, se trouble. Le paysage extérieur cesse dʼêtre une simple représentation pour devenir un espace mental, une projection intérieure. Ce que lʼon voit nʼest plus tout à fait le monde, ni tout à fait une abstraction : cʼest un entre-deux, un état de passage.
Le verre agit ici comme un révélateur. Il capte la lumière, déforme les lignes, crée des zones de flou, dʼéclat ou de tension visuelle. Chaque image est le résultat dʼun équilibre fragile entre maîtrise et hasard, où je compose avec les contraintes physiques plutôt quʼavec des outils de retouche.
Le temps de lʼimage se ralentit, à lʼopposé de la production instantanée et artificielle des images contemporaines.
Inner Landscape interroge notre manière de percevoir et de projeter du sens sur ce que nous regardons. Le paysage devient un miroir intérieur : ce que lʼon croit reconnaître est souvent une construction mentale. Le verre, frontière invisible mais omniprésente, symbolise cette distance entre le monde et notre perception, entre ce qui est vu et ce qui est ressenti.
Cette série sʼinscrit dans une recherche plus large autour de lʼillusion, non comme tromperie, mais comme déplacement du regard. Elle invite le spectateur à ralentir, à accepter la perte de repères, et à se laisser traverser par une image qui ne se donne jamais entièrement, mais se révèle par fragments